Itinéraires

Road trip moto en Amérique du Sud : 12 jours entre Salta, désert d’Atacama et Salar de Uyuni

Effet miroir au coucher de soleil sur le Salar de Uyuni, Bolivie

Le plus beau road trip moto d’Amérique du Sud

Ce road trip moto en Amérique du Sud, entre Argentine, Chili et Bolivie, est à mon sens l’un des plus beaux au monde.

Ce road trip traverse certains des endroits les plus spectaculaires du continent : le nord de l’Argentine et la région de Salta avec sa multitude de paysages, le désert d’Atacama au Chili, la région du Sud Lípez en Bolivie et son légendaire Salar de Uyuni, avant de redescendre dans le nord de l’Argentine par la région de Tupiza en Bolivie, avec ses paysages et sa culture de cowboys.

Au total, compte entre 2 500 et 3 000 km (selon le nombre de détours et de visites), pour une durée minimum de 2 semaines si tu veux vraiment profiter de chaque étape.

Envie d’un voyage comme celui-ci, pensé pour votre groupe ?

Voyage sur-mesure

Road trip moto Amérique du Sud : le parcours en un coup d’œil

Carte en relief de l'itinéraire du road trip moto en 12 jours entre Salta, le désert d'Atacama et le Salar de Uyuni, avec les étapes principales et les activités
L’itinéraire complet du road trip, jour par jour : environ 2 500 km entre l’Argentine, le Chili et la Bolivie.

Le road trip que je te présente est l’un des plus beaux d’Amérique du Sud, mais il est loin d’être l’un des plus faciles. Sur les 2 500 km, on en passe environ 1 800 sur de l’asphalte et près de 700 sur du gravier ou du sable. Par endroits, c’est du gravier roulant où on peut avancer à 60-80 km/h ; mais une grande partie du temps, c’est du sable avec facilement 10 cm de profondeur, où on plafonne à 30-40 km/h avec pas mal de dérapages et de chutes au passage (rien de dangereux, il suffit de pouvoir relever la moto seul ou à deux).

Comment rejoindre Salta

Pour rejoindre Salta, point de départ du road trip, tu peux prendre l’avion depuis Buenos Aires, ou opter pour le bus longue distance si tu as plus de temps devant toi.

Quelle moto et quel loueur choisir ?

Il te faut une moto robuste et tout-terrain pour encaisser les 700 km de sable, ainsi qu’une moto à injection électronique, pour bien gérer la haute altitude et la baisse d’oxygène disponible pour la combustion.

Concrètement, une moto à carburateur (comme l’ancienne Honda Tornado 250) perd en performance et cale plus facilement en altitude, sauf à changer manuellement les gicleurs du carburateur pour les adapter à l’air raréfié, un vrai casse-tête en plein road trip. Une moto à injection électronique règle ce problème automatiquement : le boîtier électronique ajuste en temps réel le mélange air-carburant selon l’altitude, sans aucune intervention de ta part.

On a d’ailleurs croisé plusieurs motards sur le bas-côté, en pleine montée en altitude, en train de démonter et régler leur carburateur à la main pour compenser le manque d’air, exactement le genre de galère qu’on a évitée grâce à l’injection électronique.

Motard réglant son carburateur en altitude dans le désert d'Atacama
Sans injection électronique, il faut régler son carburateur à la main en altitude.

Pour ce road trip, nous avons pris une Honda XR 300 à deux, un modèle fabriqué au Brésil et vendu uniquement sur le marché sud-américain (jamais commercialisé en Amérique du Nord ni en Europe), ce qui explique qu’on ne le trouve pas facilement en dehors du continent. Si vous êtes deux sur une seule moto, je recommande plutôt un modèle plus gros pour plus de confort ; en solo, la XR 300 fait très bien l’affaire.

Honda XR 300L Tornado, le modèle de moto utilisé pour ce road trip en Amérique du Sud
La Honda XR 300L Tornado, fabriquée au Brésil et vendue uniquement en Amérique du Sud.

De notre côté, nous étions deux sur cette moto, sacs sur le côté et à l’arrière, et elle a super bien résisté : rien de cassé, pas même un pneu crevé, alors qu’elle est tombée plusieurs fois.

Pour louer une moto, je recommande André, de Condor Moto Trip : c’est là-bas que nous avons loué la nôtre, quasiment neuve (achetée en février 2026 pour un road trip en avril 2026). En plus d’être extrêmement sympa et d’avoir des motos robustes, André te conseille sur le modèle adapté à ton profil. La location inclut pas mal d’accessoires : sacs latéraux, équipement de secours pour une crevaison, outils. Il fournit aussi tous les papiers en règle pour passer les frontières sans encombre, ce que tous les loueurs ne proposent pas.

Le budget total du road trip

Pour 12 jours de road trip à deux, notre budget total s’est élevé à 1 235 €, dont 865 € rien que pour la location de la Honda XR 300 sur toute la durée. Compte plus cher si tu optes pour un modèle plus gros ou plus récent. Le reste du budget (environ 370 €) a couvert l’essence, les hébergements, la nourriture et les différentes entrées payantes du parcours (parcs, geysers, thermes, Salar de Uyuni).

Équipement à prévoir

  • Casque intégral homologué et adapté à la conduite tout-terrain
  • Protections : genouillères, coudières, et idéalement une plaque dorsale pour les chutes sur le sable
  • Vêtements chauds en plusieurs couches pour l’altitude (au moins 4 couches en haut, 3 en bas pour les sorties de nuit, comme au Geyser del Tatio)
  • Kit de réparation crevaison (rustines, pompe, chambre à air de secours) : indispensable sur les pistes de sable et gravier
  • Lunettes ou masque anti-poussière pour les longues sections de piste
  • Gants adaptés, à la fois pour la chaleur en journée et le froid en altitude
  • Crème solaire haute protection : l’altitude renforce fortement les UV, même par temps couvert
  • Lampe frontale, utile pour les imprévus de nuit sur les pistes non éclairées

Quelle est la meilleure période pour ce road trip ?

Privilégie la saison sèche, de mai à octobre-novembre, pour rouler sur les pistes de sable et de gravier du Sud Lípez et pour un accès plus fiable au Salar de Uyuni. La saison des pluies (décembre à avril) complique sérieusement la conduite sur ces portions non goudronnées, avec un risque réel de pistes inondées ou impraticables. Si tu veux malgré tout profiter d’un peu d’effet miroir sur le Salar sans t’exposer à une trop grosse saison des pluies, les mois de transition (décembre, ou mars-avril) offrent le meilleur compromis.

Essence, eau et nourriture : gérer l’autonomie

Sur toute la région du Sud Lípez, jusqu’à Uyuni en Bolivie, il n’y a aucune station essence : il faut être complètement autonome sur cette portion, donc bien calculer ton autonomie réelle et prévoir large.

La situation de l’essence en Bolivie mérite un vrai point d’attention. Le pays traverse depuis plusieurs années une grave crise économique, liée notamment à l’épuisement de ses réserves de devises étrangères, historiquement utilisées pour importer du carburant à prix subventionné. Cette pénurie a provoqué de très longues files d’attente aux stations-service dans tout le pays. En décembre 2025, le nouveau gouvernement a mis fin aux subventions historiques sur les carburants, ce qui a fait grimper les prix, sans pour autant résoudre totalement le problème d’approvisionnement : des tensions et des mouvements sociaux liés à cette crise se poursuivaient encore courant 2026. Concrètement pour toi, ça veut dire qu’il faut parfois attendre plusieurs heures à la pompe selon l’endroit et la période. À Uyuni, ville plus importante et plus habituée au tourisme, on trouve normalement de l’essence sans trop de difficulté.

Par précaution, il est aussi recommandé d’être autonome en eau et en nourriture sur toute la traversée du Sud Lípez, au cas où un imprévu (mécanique, météo, ou simplement une pénurie locale) te ferait perdre plus de temps que prévu sur cette portion isolée.

Cartes et GPS : quelle application utiliser ?

Comme évoqué plus haut, certaines portions du Sud Lípez n’apparaissent tout simplement pas sur les cartes en ligne classiques, même téléchargées pour un usage hors ligne. Le plus sûr est de télécharger plusieurs applications avant de partir (le réseau internet est souvent absent une fois sur place) : Maps.me, Google Maps (en mode hors ligne), Apple Maps, et éventuellement d’autres solutions spécialisées comme Gaia GPS ou OsmAnd. Teste-les toutes une fois sur le terrain pour voir laquelle suit le mieux les pistes réelles selon la zone. De notre côté, Maps.me s’est montré le plus fiable sur les portions les plus isolées, mais la couverture peut varier d’une région à l’autre : mieux vaut avoir plusieurs options sous la main plutôt que de dépendre d’une seule application.

Formalités administratives : permis, papiers et assurance

Pour conduire une moto de location dans ces trois pays, il te faudra un permis de conduire international, en plus de ton permis national : c’est une pièce obligatoire aux contrôles routiers et aux frontières.

Le loueur doit également te fournir tous les documents liés à la moto elle-même : carte grise ou attestation de propriété du véhicule loué, ainsi qu’une autorisation officielle de sortie de territoire, indispensable pour passer les frontières avec une moto qui n’est pas la tienne. Vérifie bien que ton loueur inclut ce document avant de réserver, tous ne le proposent pas (voir plus haut pourquoi je recommande Condor Moto Trip sur ce point précis).

Enfin, assure-toi que l’assurance fournie avec la location couvre bien les trois pays traversés (Argentine, Chili, Bolivie), et pas seulement le pays de départ. Certains loueurs proposent une assurance régionale ou une extension spécifique pour les road trips transfrontaliers : à demander explicitement avant de signer le contrat de location.

L’itinéraire jour par jour

Pour ce parcours, on part de Salta et on y revient, mais il est tout à fait possible de commencer depuis d’autres grandes villes qui louent des motos, comme San Pedro de Atacama ou Uyuni.

À savoir avant de partir : sur la majorité du trajet, il n’y a ni réseau internet ni station essence, sauf dans les grandes villes. Sur certaines portions, comme la région du Sud Lípez jusqu’à Uyuni en Bolivie, aucune cartographie en ligne ne fonctionne ni n’indique de route : il faut demander aux locaux et les suivre, d’autant que ce ne sont que des chemins de sable, sans panneaux. (Voir plus bas pour la mésaventure qui nous est arrivée sur cette section.)

Jour 1 : Salta → Cachi (120 km)

On commence par une autoroute pour sortir de Salta et rejoindre l’intersection avec la mythique route 33 à El Carril (bon endroit pour faire le plein). On continue sur cette route qui grimpe en altitude à travers des routes de montagne, avec vue sur des roches rouges et des cactus flamboyants, avant d’atteindre le sommet et d’admirer des virages en épingle. On redescend ensuite vers le parc national Los Cardones et la fameuse route Tin Tin : la plus longue ligne droite du monde, 18 km entourés de cactus et de montagnes, un souvenir inoubliable. On rejoint enfin Cachi pour admirer ce village d’époque riche en culture, flâner dans ses rues et goûter ses spécialités.

La route Tin Tin dans le parc national Los Cardones, la plus longue ligne droite du monde entourée de cactus
La route Tin Tin, 18 km de ligne droite au milieu des cactus géants.

Jour 2 : Cachi → Cafayate (166 km)

Direction Cafayate, mais sans cadeau : cette route en gravier et asphalte rend le trajet plus périlleux et plus long. La vue sur les roches rouges vaut largement le détour, on se croirait dans les parcs nationaux des USA, pour beaucoup moins cher. On arrive ensuite dans les vignobles de Cafayate pour des dégustations et une balade sur la place centrale.

Formations rocheuses rouges sur la route entre Cachi et Cafayate en Argentine
La route entre Cachi et Cafayate, en gravier mais spectaculaire.
Les gorges rouges de Cafayate traversées lors du road trip moto en Argentine
Les gorges de Cafayate, un décor qui rappelle les parcs nationaux américains.

Jour 3 : Cafayate → San Antonio de los Cobres (320 km)

Grosse journée, donc lever tôt. Nous sommes passés par les gorges du Diable et l’Amphithéâtre, partis vers 7h pour arriver vers 8h30 : le site était désert, alors qu’il est réputé pour être bondé de touristes en journée.

Une fois cela fait, on remonte au nord pour repasser par El Carril et boucler la partie sud de la région de Salta. Direction ensuite la route 51, qui longe sur toute sa longueur les rails du train le plus haut du monde jusqu’à San Antonio de los Cobres : le train des nuages ! Une route magnifique, avec vue sur les rails, les cactus et des montagnes qui en sont recouvertes. C’est ma route préférée de la région de Salta, avec quasiment personne dessus.

Une fois à San Antonio de los Cobres, pas grand-chose à faire à part aller voir le viaduc le plus haut du monde ainsi que la gare du train des nuages.

La gare du train des nuages à San Antonio de los Cobres, Argentine
La gare du célèbre Train des Nuages, à San Antonio de los Cobres.

Jour 4 : San Antonio de los Cobres → Jama (279 km)

Le matin, direction le fameux viaduc de La Polvorilla, le pont ferroviaire le plus haut du monde à environ 4 200 m d’altitude, ainsi que la gare des nuages. Le train ne circule plus sur cette section et le site est aujourd’hui converti en attraction touristique si tu veux marcher sur ces rails et ce viaduc.

Le viaduc de La Polvorilla, pont ferroviaire le plus haut du monde à environ 4200 mètres d'altitude
Le viaduc de La Polvorilla, à environ 4 200 m d’altitude.

Pour rejoindre ensuite la frontière avec le Chili, la seule option en tant qu’étranger est le Paso de Jama, accessible via la route 40 puis la route 52 côté argentin (entièrement asphaltées), avant de basculer sur la route 27 côté chilien. Le point de passage frontalier culmine à environ 4 200-4 280 m d’altitude. Sur le chemin, une route permet de rejoindre les Salinas Grandes, un petit avant-goût de ce qui vous attend au Salar de Uyuni. De notre côté, nous avons décidé de ne pas nous spoiler et avons continué sur la route 40 avant de rejoindre la route 52 direction la frontière.

Nous n’avions pas assez de temps pour passer la frontière et arriver à San Pedro de Atacama avant la nuit, donc nous avons dormi à Jama, à environ 4 200 m d’altitude, ce qui nous a valu un bon mal de tête, le temps de s’acclimater. Si tu pars plus tôt dans la journée, tu peux rejoindre directement San Pedro de Atacama.

Paysage d'altitude sur la route du Paso de Jama entre l'Argentine et le Chili
Sur la route du Paso de Jama, à plus de 4 000 m d’altitude.

Jour 5 : Jama → San Pedro de Atacama + activités (162 km)

On passe la frontière sans problème, puis on enchaîne sur une longue section de descente d’environ 1 000 m de dénivelé négatif pour rejoindre San Pedro de Atacama.

Une fois arrivé, l’après-midi est libre pour commencer à visiter le désert d’Atacama ou se reposer. De notre côté, nous sommes allés à la Valle de la Luna, où l’on se croirait littéralement sur la lune, avant d’aller voir le coucher de soleil. Le mirador emblématique du coucher de soleil s’appelle le mirador de Kari (aussi appelé Piedra del Coyote). À noter qu’il est actuellement fermé pour raisons de sécurité (suite à un séisme et à des travaux routiers), possiblement jusqu’à fin 2026 ; les visites se rabattent sur un autre point de vue autorisé, comme le mirador Likan-Antay, gratuit et tout aussi beau. Parmi les incontournables de la vallée : les Tres Marías (formations rocheuses), la Duna Mayor, les grottes de sel et l’amphithéâtre naturel. L’entrée coûte environ 10 800 CLP (13 USD) par personne. La réservation n’est pas toujours obligatoire mais fortement recommandée à l’avance, et sache qu’à peu près toutes les activités du désert d’Atacama ont un coût, malheureusement.

Coucher de soleil sur la Valle de la Luna dans le désert d'Atacama
Coucher de soleil sur le désert d’Atacama
Paysage lunaire de la Valle de la Luna dans le désert d'Atacama, Chili
La Valle de la Luna, un décor qui porte vraiment bien son nom.

Jour 6 : désert d’Atacama

Journée dédiée à la visite du désert et de ses activités. Nous nous sommes levés à 4h pour aller voir le Geyser del Tatio : la route est assez compliquée de nuit, avec beaucoup de virages et 80 km de gravier, sans compter les minivans de touristes à éviter dans le noir. Il fait également extrêmement froid, puisqu’on remonte à plus de 4 000 m d’altitude, de nuit : prévois beaucoup de couches chaudes (au moins 4 en haut, 3 en bas). Les geysers s’activent au lever du soleil, un moment assez magique à observer.

Le Geyser del Tatio au lever du soleil dans le désert d'Atacama, Chili
Les geysers du Tatio s’activent au lever du soleil.

Si tu as plus de temps que nous sur place, voici d’autres grosses activités qui valent le détour dans le désert d’Atacama :

  • Laguna Cejar : lagon à très forte salinité où tu flottes sans effort, un peu comme dans la Mer Morte
  • Ojos del Salar : deux petites lagunes d’eau douce juste à côté de la Laguna Cejar, souvent visitées ensemble
  • Termas de Puritama : sources chaudes naturelles en cascade, une autre option que les thermes qu’on croisera plus tard côté bolivien
  • Salar de Atacama et Laguna Chaxa : le troisième plus grand désert de sel au monde (à ne pas confondre avec le Salar de Uyuni), avec observation de flamants roses
  • Piedras Rojas et Valle del Arcoíris : lagunes d’altitude et formations rocheuses colorées, en excursion à la journée
  • Excursion astronomique : San Pedro de Atacama est réputé pour l’un des ciels les plus purs au monde, avec très peu de pollution lumineuse, plusieurs observatoires proposent des sorties nocturnes

Jour 7 : San Pedro de Atacama → Laguna Colorada (170 km)

Journée plus courte, mais il ne faut pas partir trop tard non plus, contrairement à ce qu’on a fait.

On rejoint d’abord la frontière avec la Bolivie au passage de Hito Cajón, où l’on retrouve une vingtaine de minivans d’excursions touristiques. On nous a conseillé d’arriver avant ou après eux pour éviter d’attendre jusqu’à 3 heures ; avec le recul, on serait arrivés plus tôt, puisqu’à notre passage il n’y avait déjà plus personne, mais on regrette la mésaventure qui nous est arrivée le soir.

Après les deux postes-frontières passés (littéralement une cabane dans le désert côté bolivien), on arrive à la Laguna Verde et à la Laguna Blanca, deux lagons intéressants sur le passage. On continue ensuite jusqu’aux thermes de Polques, en passant par le désert Salvador Dalí. Les thermes sont vraiment magiques : un bon bain mérité dans une eau chaude naturelle, avec une vue folle sur la Laguna Salada et la montagne, entourés de flamants roses et d’animaux sauvages, on se croirait dans un reportage sur Arte. Nous étions les seuls, ce qui a renforcé ce sentiment d’être littéralement au bout du monde, loin de toute civilisation.

Baignade dans les thermes de Polques au milieu du désert du Sud Lípez, Bolivie
Un bain bien mérité aux thermes de Polques.

Une fois cela fait, il faut rejoindre la Laguna Colorada en passant par les geysers Sol de Mañana. C’est là que notre mésaventure commence : on continue tranquillement, on passe devant les geysers puis devant une unité de géothermie, on s’arrête pour regarder de plus près, puis on continue jusqu’à arriver dans un cul-de-sac. En consultant la carte, on réalise qu’on n’était pas du tout sur le bon chemin, proches de la frontière chilienne, mais sans rien autour si ce n’est le désert. On fait demi-tour, puis on continue avant d’apercevoir une mini-intersection de chemins de sable : des dizaines de pistes de pas plus de 2 m de large, contre 5 m pour la route sur laquelle on roulait (toujours en sable).

Centrale géothermique de Laguna Colorada, à Sol de Mañana dans le Sud Lípez, Bolivie
La centrale géothermique de Laguna Colorada, à environ 4 900 m d’altitude, juste à côté des geysers de Sol de Mañana.

Et oui : Google Maps n’a aucune route indiquée sur cette section du monde, même téléchargée hors ligne, et Maps.me est ce qui s’en rapproche le plus. Donc si tu ne suis pas les 4×4 touristiques ou les locaux, tu es perdu pour trouver ton chemin.

On emprunte alors un des chemins de sable, et on roule dessus pendant ce qui nous a paru une éternité, puisqu’il est impossible d’aller plus vite que 30 km/h, avec dérapages et chutes réguliers à chaque virage. La nuit a ensuite commencé à tomber, et c’est là que ça a débuté pour de vrai : à 4 000 m d’altitude, de nuit, sans internet, sans lumière, sans carte, et dans le sable (sachant en plus que cette route est fréquentée par des trafiquants la nuit). On a roulé comme ça pendant une bonne heure, en se fixant comme objectif une lumière au loin, celle d’un des refuges. Après 3 chutes supplémentaires, on est enfin arrivés au refuge, où l’on a enfin pu manger chaud et dormir à l’abri du vent.

Jour 8 : Laguna Colorada → Uyuni (320 km)

Encore une grosse journée, avec pas mal de choses à voir. On commence par la magnifique Laguna Colorada, qu’on n’avait pas vue la veille : tout bonnement merveilleuse, l’une des plus belles choses que j’aie vues de ma vie, une eau complètement rouge, des milliers de flamants roses sauvages et des vigognes. Plus beau que ce qu’on voit dans les reportages ! La mauvaise expérience de la veille valait clairement le coup.

La Laguna Colorada et ses flamants roses dans le Sud Lípez, Bolivie
La Laguna Colorada, une eau rouge et des milliers de flamants roses.

Sur cette section, ne manque pas l’Árbol de Piedra, une étrange formation rocheuse en forme d’arbre sculptée par le vent dans le désert de Siloli, entourée d’autres formations rocheuses tout aussi impressionnantes.

On arrive ensuite à Villa Mar pour le midi, avant de continuer jusqu’à Uyuni. Au total, près de 260 km de piste sablonneuse sur cette section. À noter que les agences organisées s’arrêtent généralement dès Villa Mar la veille pour raccourcir le trajet du lendemain jusqu’à Uyuni. Encore une fois, il faut se repérer aux locaux ou à l’instinct pour ne pas se perdre : on s’est trompés de chemin de sable 3 fois avant de se dire que tant pis, on suit une piste jusqu’au bout puisque tous les chemins mènent à Rome, ce qui s’est avéré vrai, puisqu’on a fini par retrouver la route principale vers Villa Mar puis Uyuni (toujours en sable), avant de retrouver l’asphalte sur les 60 derniers kilomètres avant Uyuni.

Jour 9 : Salar de Uyuni (205 km)

C’est le jour où l’on découvre le plus beau paysage d’Amérique du Sud : le Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde. On entre d’abord dans le salar par l’hôtel de sel, puis direction l’Isla Incahuasi, une île au milieu du salar couverte de cactus, à 80 km de l’hôtel de sel. Une sensation incroyable de rouler dans l’immensité de ce désert de sel. On se dirige ensuite vers la section d’eau pour admirer le plus beau coucher de soleil au monde, l’eau créant un effet miroir parfait.

Moto roulant sur l'immensité blanche du Salar de Uyuni, Bolivie
Rouler sur le plus grand désert de sel du monde.
L'Isla Incahuasi couverte de cactus au milieu du Salar de Uyuni, Bolivie
L’Isla Incahuasi, une île de cactus au milieu du désert de sel.
Road trip moto Amérique du Sud : effet miroir sur le Salar de Uyuni
L’effet miroir du Salar de Uyuni au coucher du soleil.

Côté saison : pour l’effet miroir classique, vise janvier-février, en pleine saison des pluies (novembre à avril), quand une fine couche d’eau recouvre le sel. Pour un désert de sel bien sec, craquelé, et un accès garanti à l’Isla Incahuasi, vise plutôt la saison sèche (mai à octobre/novembre). Avoir les deux à la fois (miroir ET désert sec) n’est jamais garanti, mais les mois de transition (décembre, ou mars-avril) offrent le meilleur compromis, avec parfois un peu d’eau résiduelle sans que l’accès au salar ou à l’île soit trop compromis.

Après cette étape magique, direction le lavage de moto pour enlever le sable et éviter la corrosion. On rentre à Uyuni le soir pour profiter de la ville.

Le matin, avant de rentrer dans le salar, on visite aussi le cimetière de trains, à environ 3 km d’Uyuni : de nombreuses locomotives à vapeur du début du XXe siècle laissées à l’abandon. L’entrée est gratuite et 30 à 45 minutes suffisent largement pour en faire le tour.

Jour 10 : Uyuni → La Quiaca (291 km)

On commence la matinée par le lever de soleil sur le Salar de Uyuni : on a pris une excursion pour la nuit et le sunrise, histoire de faire des photos stylées avec le reflet de l’eau et des étoiles (si la lune est absente).

On enchaîne avec la redescente vers la frontière argentine, en passant par la région de Tupiza : un paysage encore une fois complètement différent et magnifique, des montagnes rouges et hautes qui donnent l’impression d’être dans une région de cowboys. De retour en Argentine, on peut à nouveau profiter de la bonne bouffe et de la viande !

Jour 11 : La Quiaca → Tilcara (258 km)

On continue de redescendre tranquillement vers Salta, en passant par plein de lieux à visiter en chemin, comme Humahuaca et le Serranía de Hornocal, la montagne aux 14 couleurs. On prend des chemins de terre pour y accéder, avec beaucoup de vent puisqu’on est à plus de 5 000 m d’altitude. On descend ensuite vers la Quebrada de las Señoritas, près du village d’Uquía, où l’on peut visiter cette vallée colorée avec un guide (obligatoire sur place), pour une visite d’environ 2 à 3 heures, avant d’arriver tranquillement à Tilcara pour se reposer.

La Serranía de Hornocal, montagne aux 14 couleurs, près de Humahuaca en Argentine
La montagne aux 14 couleurs, à plus de 5 000 m d’altitude.
La Quebrada de las Señoritas près du village d'Uquía, Argentine
La Quebrada de las Señoritas, une vallée colorée près d’Uquía.

Jour 12 : Tilcara → Salta

Dernier jour pour retourner à Salta. On s’arrête en chemin dans la ville de Purmamarca pour faire le Paseo de los Colores, une petite marche qui vaut vraiment le coup au milieu des montagnes aux couleurs différentes. Pour redescendre à Salta en évitant les routes bondées et peu agréables, on passe par la route 9, qui traverse une forêt tropicale et change complètement d’ambiance : nuages, humidité, routes très étroites, un petit défi de pilotage pour le dernier jour du road trip. Attention à la fatigue à ce stade du voyage. On rentre ensuite à Salta, des souvenirs inoubliables plein la tête après cette variété de paysages.

Le Paseo de los Colores à Purmamarca, Argentine
Le Paseo de los Colores, dernière étape avant le retour à Salta.

Conclusion

C’est clairement l’un des plus beaux road trips au monde, à travers des paysages fous et une faune observée dans un environnement naturel quasiment intouché. Ce road trip reste toutefois chargé d’aventure et de quelques défis de pilotage : il faut un bon niveau en moto pour le compléter sans problème. Ce road trip moto en Amérique du Sud restera l’un des voyages les plus marquants de ma vie.

Note : il est aussi possible de passer par la frontière d’Ollagüe au Chili pour rouler 100% sur asphalte, mais tu rateras toute la région du Sud Lípez, qui est à mon sens l’une des plus belles parties de ce road trip.

Envie de vivre ce road trip mais pas forcément envie de gérer toute la logistique (moto, itinéraire, formalités, imprévus) en solo ou de te lancer sans expérience hors-piste ? Je peux aussi organiser une version accompagnée de ce voyage sur-mesure pour toi et ton groupe, adaptée à votre niveau.

Cet article t’a été utile ? N’hésite pas à me poser tes questions en commentaire, et à checker mes autres articles ou mes réseaux sociaux pour du contenu exclusif et d’autres astuces de voyage !

Plus d’anecdotes, de conseils et de contenus exclusifs sur les réseaux :

Cet article vous a donné envie de partir ?

On peut construire un voyage de groupe sur-mesure, avec la même attention portée à l’impact local et environnemental.

Découvrir le voyage sur-mesure

Laisser un commentaire