Trek Huayhuash : le Pérou, bien plus que le Machu Picchu
Le Pérou est l’un des pays les plus incroyables à visiter en Amérique latine : la culture, les paysages, la nourriture, l’accueil, la nature, tout y est.
Si on connaît bien le Pérou pour sa fameuse histoire inca, berceau de sa civilisation, et pour le Machu Picchu, ou encore pour sa gastronomie raffinée comme le ceviche, très peu de monde le connaît encore pour un joyau resté à l’écart des touristes : l’alpinisme et ses montagnes à plus de 6 000 m d’altitude. Quand on pense alpinisme, on pense aux Alpes ou à l’Everest. Mais il y a en fait bien plus à faire sur la cordillère des Andes, qui s’étend sur environ 7 000 km à travers 7 pays d’Amérique du Sud, avec une altitude moyenne d’environ 4 000 m et un sommet culminant à 6 962 m (l’Aconcagua, en Argentine).
Aujourd’hui, on va parler du trek Huayhuash, l’un des plus beaux treks du monde. Il se déroule au cœur d’une cordillère des Andes restée longtemps à l’écart des touristes, à environ 100 km à l’est de Huaraz et à plusieurs heures de route de Lima, répartie entre trois régions du Pérou : Ancash, Huánuco et Lima.
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Voyage sur-mesureComment se rendre à Huaraz
Le point de départ du trek, c’est Huaraz. Depuis Lima, deux options : le bus longue distance (environ 8h de trajet pour 400 km, plusieurs compagnies font la liaison quotidiennement), ou l’avion, avec un vol direct d’environ 50 minutes qui offre au passage une vue superbe sur la cordillère Blanche.
Si elle n’était pas très connue il y a encore quelques années, sa popularité ne fait qu’exploser et va continuer à grimper.
Il est possible de faire plusieurs treks dans cette cordillère, de 8 jours à 14 jours pour la parcourir complètement. De plus en plus de personnes reconnaissent ce trek comme l’un des meilleurs au monde, devant le Népal, les Alpes et d’autres destinations mythiques. Évidemment, pour n’importe quel Péruvien, les treks du Huayhuash et de Santa Cruz sont les deux meilleurs treks au monde. Pour ma part, je ne peux pas juger puisque je n’ai pas encore fait tous les treks du monde, mais c’est sans aucun doute l’un des meilleurs, et tu vas le voir avec moi.
Quelle durée de trek choisir : 8, 10, 12 ou 14 jours ?
Ça dépend surtout du temps dont tu disposes et de l’envie que tu as de passer du temps en montagne.
Le trek de 8 jours passe déjà par tous les essentiels de la cordillère : les grands lacs, les principaux passages, les points de vue iconiques. Les versions de 10, 12 et 14 jours permettent de visiter des zones plus reculées de la cordillère (comme la partie nord ou certains lacs secondaires), avec davantage de temps pour prendre le rythme et t’acclimater progressivement, mais sans que le contenu « essentiel » du trek change fondamentalement. Personnellement, au bout des 8 jours, j’étais content de rentrer et je n’avais pas le sentiment d’avoir manqué quelque chose.
Les conditions du trek
Il faut savoir que, contrairement à d’autres treks du Pérou menant au Machu Picchu, celui-ci se fait uniquement en tente, sans lit ni matelas en dur sur le chemin.
On est sur du trek en montagne pur et dur : tentes, bains dans les rivières, toilettes sommaires tout de même. C’est aussi un trek physiquement exigeant puisque tout se déroule entre 4 000 m et 5 300 m d’altitude. Il faut donc être préparé à l’altitude et s’être acclimaté avant le départ : il y a plein de petites randonnées à la journée à faire depuis Huaraz pour s’acclimater si besoin.
Il fait aussi très froid la nuit, vu la haute altitude, donc prévois de quoi bien te couvrir.
Le mal aigu des montagnes
Entre 4 000 et 5 300 m d’altitude, le mal aigu des montagnes (maux de tête, nausées, essoufflement, fatigue anormale) est un vrai risque, pas juste une formalité à mentionner. Prévois au minimum 2 à 3 jours d’acclimatation à Huaraz (3 050 m) avant de partir, avec une ou deux randonnées à la journée en altitude progressive. Si les symptômes s’aggravent une fois sur le trek (confusion, difficulté à marcher droit, essoufflement même au repos), il faut redescendre sans attendre : ne pousse jamais un mal des montagnes qui empire.
Niveau physique requis
Ce n’est pas un trek technique (pas d’escalade, pas de cordée), mais c’est un trek physiquement exigeant : environ 1 000 m de dénivelé positif par jour en moyenne, à haute altitude, pendant 8 jours consécutifs. Une bonne condition cardio et de l’expérience en randonnée de plusieurs jours sont largement recommandées avant de se lancer, surtout en version solo où tu portes tout ton matériel.
Assurance voyage
Vu l’altitude, l’isolement complet du parcours (aucun réseau, aucun accès rapide à une structure médicale) et le dénivelé quotidien, une assurance voyage qui couvre les frais médicaux et surtout l’évacuation ou le rapatriement en montagne n’est pas une option : c’est indispensable sur ce trek précis. Vérifie bien que ton contrat couvre explicitement la randonnée en haute altitude (souvent exclue des couvertures de base) et l’évacuation depuis une zone reculée.
Quel matériel apporter
Tout dépend si tu le fais en solo ou avec une agence. En solo, tu vas devoir tout transporter toi-même : tente, sac de couchage, matelas gonflable, de quoi cuisiner et la nourriture. En agence, tout ça est porté par les mules, ainsi que ton sac de vêtements ; en journée, tu ne portes qu’un petit sac avec ton appareil photo, ton drone, ton téléphone, tes snacks et ta gourde, les essentiels.

Dans tous les cas, tu vas avoir besoin de vêtements chauds et d’affaires de randonnée confortables et solides.
Où louer le matériel à Huaraz
Si tu fais le trek en solo, pas besoin d’acheter ni de transporter tout ton équipement depuis chez toi. La zone autour du Parque Ginebra, en plein centre de Huaraz, concentre une dizaine de boutiques de location de matériel de trek et d’alpinisme. Une adresse bien notée par les voyageurs pour ce genre de trek précisément : Quechuandes (Jr. Hortensio Santa Gadea 995, Soledad Alta), qui loue tentes, sacs de couchage, matelas, réchauds et bâtons, avec du personnel qui connaît bien le parcours et peut te conseiller sur l’itinéraire.
Meilleure période pour faire le trek
Privilégie la saison sèche, de mai à septembre, pour de meilleures conditions de marche et une météo plus stable en altitude. En dehors de cette période, les pistes et les cols peuvent devenir plus difficiles, voire dangereux, avec la neige et les pluies fréquentes propres à la saison humide (décembre à avril).
Agence ou solo ?
Avant de passer au détail du parcours de 8 jours et de te montrer en images pourquoi c’est l’un des meilleurs au monde, il faut choisir si tu comptes le faire en solo ou en agence. Les deux ont leurs avantages : le solo est beaucoup moins cher, l’agence est beaucoup plus confortable.
En solo, tu vas devoir porter tout ton matériel, monter et démonter ta tente, te faire à manger, faire la vaisselle, et surtout porter tout ce matériel toute la journée sur des étapes avec quasiment 1 000 m de dénivelé positif, tous les jours, pendant minimum 8 jours.
En agence, tu as des mules, un guide et un cuisinier. Tu ne portes qu’un petit sac avec tes affaires essentielles et tes snacks. En arrivant au camp, ta tente est déjà montée, la nourriture est prête, tu ne fais pas la vaisselle et tu n’as pas besoin de démonter ta tente au petit matin. Beaucoup d’avantages, donc.
La grosse différence : le prix. Partir en agence coûte entre 550 et 1 000 $ pour 8 jours selon l’agence et les prestations, tandis que partir en solo revient à environ 250 $, une différence importante. Tu trouveras aussi ce budget replacé dans le contexte plus large d’un voyage au Pérou dans mon article sur le coût de la vie au Pérou.
Dans tous les cas, tu vas devoir payer l’entrée du parc, qui se règle en réalité par petites sommes à chaque poste de contrôle communautaire successif (huit communautés gèrent chacune leur portion du parcours). Compte au total entre 220 et 280 soles, soit environ 55 à 70 €, et prévois du cash : aucune carte ni distributeur sur place.
La question est donc : es-tu prêt à avoir moins de confort pour payer moins cher, ou préfères-tu être confortable ?
| Solo | Agence | |
| Budget (8 jours) | ~250 $ | 550 à 1 000 $ |
| Portage | Tout sur le dos, tous les jours | Mules pour le matériel, sac léger uniquement |
| Tente | À monter/démonter soi-même | Montée et démontée par l’équipe |
| Repas | À cuisiner soi-même | Préparés par un cuisinier |
| Guide | Aucun, orientation en autonomie | Guide local inclus |
| Niveau requis | Bonne autonomie en rando/camping | Accessible à plus de profils |
En tout cas, si tu comptes le faire en agence, je te recommande Waroma Eco Tours, une agence locale et authentique, en petit groupe, avec un vrai transfert de savoir et de culture. Le dirigeant, Angel, est l’un des Péruviens les plus sympathiques que j’aie rencontrés.
La carte du parcours 8 jours

Le parcours de 8 jours
Place à la présentation des 8 jours et à des photos magnifiques, attention si tu veux garder la surprise !
Jour 1 : Huaraz → Mitucocha
On se lève à 3h pour sortir de Huaraz et aller directement au début du trek, à Cuartelhuain.
On arrive, on petit-déjeune, puis on entame le trek. Ce premier jour est assez simple : il y a le passage d’un premier sommet, le col Cacananpunta à 4 700 m. C’est assez facile mais ça donne le ton pour la suite du trek, où chaque jour apporte un nouveau passage. On redescend ensuite vers le premier camp. Au passage, on a une vue sur l’un des lacs pollués par l’activité minière plus loin dans la cordillère. Pour cette journée, compte environ 9 km et 620 m de dénivelé positif.

Jour 2 : Mitucocha → Carhuacocha
C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jours du trek, j’ai vraiment adoré cette journée où l’on monte puis on longe une route alpine, avec vue sur la cordillère et certains des plus grands pics : le Yerupajá (6 617 m) et le Siula Grande (6 344 m).

À la fin de la route alpine, on arrive en vue de l’un des premiers des trois grands lacs, à une altitude de 4 650 m.

On redescend ensuite vers le camp de Carhuacocha, et on découvre un spot de camping tout simplement majestueux, avec une vue incroyable sur le lac reflétant la montagne.

Sur cette journée, on est à 12 km et 800 m de dénivelé positif.
Jour 3 : la route des trois lacs
Clairement le jour le plus iconique, mais avec un fort dénivelé en peu de temps pour atteindre le point de vue panoramique des trois lacs, le mirador Siula.

Profites-en pour faire tes photos dès que tu peux, car il y a beaucoup de monde à ce niveau-là.
On continue ensuite pour arriver au col Siula, à 4 830 m, puis on redescend jusqu’au camp Huayhuash, situé à 4 350 m.
Pour ce jour : 14 km et 823 m de dénivelé positif.
Jour 4 : Huayhuash → Pampa Elefante
Cette journée est également mythique puisqu’on arrive au passage Trapecio, le point le plus haut du circuit. On monte pendant 3 heures de marche pour atteindre le passage ; une fois en haut, on peut continuer à monter jusqu’au glacier, ce qu’on a fait évidemment, pour une autre vue et une autre sensation, en marchant sur la neige (attention au danger de marcher sur un glacier). On monte jusqu’à 5 200 m d’altitude au glacier, le point le plus haut du circuit.

À ce niveau, même avec une bonne acclimatation, on peut ressentir des maux de tête et des difficultés à respirer.
Une fois cette aventure terminée, on redescend jusqu’au camp Pampa Elefante, à 4 500 m d’altitude, l’un des camps les plus hauts du parcours. Pour les plus courageux, on peut essayer de rejoindre un autre point de vue mythique du trek, le mirador San Antonio, pour le coucher de soleil, également très pentu. Sinon, on peut le faire le lendemain matin très tôt.
Pour ce jour, on aura fait 13 km et 927 m de dénivelé, sans le mirador au coucher de soleil. Comme c’est l’un des camps les plus hauts du circuit, il va faire très froid la nuit : espère être bien équipé !

Jour 5 : Pampa Elefante → Huayllapa
On se réveille de cette journée bien fraîche et on va jusqu’au mirador San Antonio, si on ne l’a pas fait la veille : c’est réellement l’un des plus beaux points de vue du trek, si ce n’est le plus beau.

La montée est longue mais elle en vaut la peine. On arrive à 5 200 m d’altitude au mirador San Antonio. On redescend ensuite et on continue notre chemin direction Huayllapa, un village à 3 500 m d’altitude : on descend de plus de 1 800 m d’altitude en quelques heures. Le chemin est donc long, compte 8 à 9 h pour cette journée.
Une fois arrivé à ce village, c’est le seul point de connexion avec la civilisation sur tout le trek. Tu auras l’opportunité de dormir dans un lit et de prendre une douche chaude si tu le souhaites, pour 25 soles. Pour notre part, on a choisi de ne pas le faire pour continuer à vivre l’expérience en tente à fond (même si ça fait mal au dos et qu’on ne dort pas très bien).
C’est d’ailleurs l’un des endroits où sortir du trek si tu te sens mal, ou si tu veux le faire en seulement 6 jours.
On a pour cette journée 21 km et 1 800 m de dénivelé négatif.
Jour 6 : Huayllapa → Caspapampa
Pour cette journée, il faut remonter tout ce qu’on a descendu la veille.
C’est donc la journée la moins spectaculaire du trek de 8 jours ; on passe par le col Tapush, avec une petite vue sur des lacs tout de même.

Le col est à 4 750 m, et on redescend au camp à 4 450 m (une autre nuit compliquée avec l’altitude).
Une journée très physique, puisqu’on aura fait 12 km pour 1 300 m de dénivelé positif.
Jour 7 : Caspapampa → Jahuacocha
On repart pour une journée exceptionnelle, clairement celle avec le plus de paysages du circuit. On monte encore une fois sur un col à 4 830 m pour arriver sur une route alpine qui longe la montagne jusqu’au camp, avec une vue vraiment exceptionnelle.

On a même l’occasion d’observer des condors d’assez près : on en a vu 5 ensemble, à peine à 100 m, exceptionnel pour ce genre d’animaux. Une fois la route alpine terminée, on a un ultime point de vue, et pas l’un des plus nuls puisque ce sont encore trois lacs.

On redescend ensuite au camp, à 4 050 m d’altitude, clairement le plus beau camp de ce trek, avec vue sur la montagne directement depuis la tente.
Pour ce jour, on a 10 km pour 700 m de dénivelé positif.

Jour 8 : Jahuacocha → Huaraz
C’est déjà le dernier jour ! Pour cette dernière journée, tu as deux choix : redescendre tranquillement par un chemin de 3 heures jusqu’au village de Llamac, prendre le déjeuner, puis retourner à Huaraz.
Ou bien monter pour l’ultime passage, le col Pampa Llamac, à 4 300 m d’altitude, pour prendre les dernières photos avant de redescendre dire adieu à ce paradis montagneux, direction Llamac également.
On descend jusqu’à Llamac, où une voiture nous attend pour nous ramener à Huaraz, 4 h de route avec un petit arrêt pour le déjeuner.
Pour cette dernière journée : 12 km et 755 m de dénivelé positif.

Faut-il faire le trek Huayhuash ?
Un trek exigeant, mais clairement l’un des plus beaux et des plus gratifiants. Si tu passes au Pérou, ça vaut clairement le coup de le faire. Il est possible de le combiner avec d’autres treks de la région : la cordillère Blanche ou Negra, le trek de Santa Cruz et la Laguna 69 sont intéressants à faire et complémentaires avec le trek du Huayhuash. Si tu hésites encore, sache que le trek Huayhuash reste l’une des expériences les plus marquantes qu’on puisse vivre en Amérique du Sud
Si l’idée de faire ce trek (ou un autre itinéraire dans les Andes péruviennes) en groupe organisé te tente, avec plusieurs niveaux de confort possibles selon les personnes, je propose aussi un service de voyage sur-mesure pour construire ce genre d’itinéraire avec toi.
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